Transmission

L'origine du zen remonte directement à Bouddha Shakayamuni au VIème siècle avant notre ère. Dans la posture du lotus sous l'Arbre de la Bodhi, il s'éveilla et devint Bouddha : celui qui sait.
Mahakashyapa fut son successeur, à partir de là commença la lignée authentique, de patriarche à patriarche, jusqu'à nos jours. Bodhidharma le 28ème disciple introduisit le bouddhisme en chine au début du 6ème siècle et fut ainsi le premier patriarche du zen en chine.
Eka fut son disciple, puis Sosan, Doshin, ... ainsi jusqu'à Nyojo, le fondateur du zen soto.
Au 13ème siècle le moine japonais Dogen se rendit en chine où il fut le disciple de Nyojo. À son retour au japon il introduisit la véritable pratique de zazen et devint le fondateur du zen soto au japon. Il se retira au temple de Kennin-Ji puis fonda le temple de Eihei-J, Ejo fut son disciple et ainsi de maître à disciple jusqu'à Kodo Sawaki, puis Taisen Deshimaru et Roland Rech.

“ Le zen est une transmission spéciale en dehors des textes,
indépendant du mot et de la lettre, montrant directement le coeur de l'être :
saisir sa propre nature et devenir Bouddha. ”
Bodhidharma


Kodo Sawaki

Kodo Sawaki fut l’un des maîtres zen Soto les plus influents du XXe siècle. Charismatique, peu conventionnel, parfois irrévérencieux, il revitalisa le zen japonais enlisé dans le bourbier des rituels religieux et du népotisme. Il mit l’accent sur shikantaza (seulement s’asseoir), apporta sans relâche la pratique tant aux laïcs qu’aux disciples ordonnés, et enseigna que zazen
et satori sont un – tout en insistant sur le fait que zazen « n’est bon pour rien ».

Tada Saikichi naquit le 16 juin 1880 au Japon dans la ville de Tsu, préfecture de Mie. À l’âge de cinq ans, sa mère mourut et à huit ans, son frère. Lorsque son oncle adoptif mourut aussi, Saikichi fut recueilli par un joueur brutal et sa femme prostituée, qui lui assignèrent le travail de surveiller les tripots et nettoyer les bordels. L’horreur de cette sordide existence amena le jeune garçon à se poser des questions sur la vie ; il commença à fréquenter en secret un temple proche, dont l’abbé lui conseilla de suivre le chemin du zen.

Quand il eut dix-sept ans, il s’enfuit au temple d’Eiheiji où on le fit attendre dehors plusieurs jours, à l’issue desquels il décréta vouloir devenir moine ou mettre fin à ses jours. Une fois dedans, comme il le reconnut plus tard, il « ne trouva ni le ciel ni l’illumination », rien que des êtres humains ordinaires.
« Et comme vous le savez, les êtres humains sont très compliqués. » L’esprit de compétition et le formalisme qu’il y rencontra l’auraient dissuadé de s’établir dans un temple pour l’essentiel de sa vie.

Il rencontra finalement le maître Koho Sawada, qui lui donna l’ordination de moine et le nom de Kodo. Plus tard il étudia avec un autre maître, Ryuun Fueoka, qui lui enseigna l’importance de shikantaza et le respect du kesa (le vêtement monastique). Son éducation zen fut interrompue par sa conscription à l’âge de vingt-cinq ans ; il combattit durant la guerre russo-japonaise, fut blessé d’une balle dans la bouche et revint au Japon en convalescence, pour être renvoyé sur le front chinois un an plus tard. Après la guerre, il étudia la philosophie, passa quelque temps à faire zazen dans la solitude,
eut des responsabilités passagères dans plusieurs temples et étudia pendant six ans
avec Maître Ota Sokan à Daijiji.

Puis, à l’âge de quarante-trois ans, il commença à voyager dans tout le Japon, donnant des conférences et montrant la posture dans les écoles et les prisons, organisant sesshin et camps d’été dans des endroits divers et fondant de nombreux dojos. Son « monastère en mouvement », son refus de la vie monastique au sens classique du terme et sa tendance à voyager seul lui valurent le surnom de « Kodo sans demeure » et le firent bien connaître, à la fois parmi les laïcs et les moines et nonnes, à qui il enseigna le Dharma sans distinction. Il fut également connu pour la couture et l’enseignement du kesa authentique, se basant sur la méthode du maître Jiun Sonja qui vivait un siècle avant lui.

Après de nombreuses années de ce style de vie itinérant, il tomba gravement malade et se retira à Antaiji, où il passait de longs moments à lever les yeux par la fenêtre vers le mont Takagamine.
« Regarde ! » dit-il à une nonne, « La nature est merveilleuse. Durant ma vie entière, je n’ai jamais rencontré une personne à laquelle j’aurais pu me soumettre et que j’aurais pu admirer. Mais ce mont Takagamine me regarde toujours d’en haut et me dit “Kodo, Kodo”… »
Il mourut trois jours plus tard, le 21 décembre 1965.

Ses proches disciples – parmi lesquels Shuryu Narita, Tokugen Sakai, Kosho Uchiyama,
Sodo Yokoyama et Taisen Deshimaru – continuèrent à répandre fidèlement son enseignement
au Japon, en Amérique du Nord et en Europe.

 

Taisen Deshimaru 



Mokudo Taisen Deshimaru a été dénommé « le Bodhidharma des temps modernes » à cause de sa forte personnalité, de sa pratique du zen sans compromis et du caractère pionnier de sa mission visant à implanter le zen authentique sur de nouvelles terres (dans ce cas-ci l’Europe). A l’instar de son maître Kodo Sawaki avant lui, il a insisté sur l’importance de la posture assise, zazen. Son enseignement, direct, concret et enraciné dans la vie quotidienne, a encouragé les disciples à être au-delà de la pensée (hishiryo), sans aucun intérêt de profit personnel (mushotoku), et libres de suivre l’ordre cosmique « inconsciemment, naturellement et automatiquement ».
Yasuo Deshimaru, tel est son nom, est né le 20 novembre 1914 dans un petit village près de Saga. Sa mère était une fervente Bouddhiste, son père un homme d’affaires. La polarité de leurs visions du monde a fortement marqué l’enfant, qui a considéré très jeune que sa destinée était de résoudre la contradiction entre le matériel et le spirituel.
Il a rencontré Kodo Sawaki à l’âge de 18 ans et a commencé à s’asseoir en zazen avec lui deux années plus tard. Il a rencontré le maître régulièrement tout en continuant sa vie d’homme d’affaires et plus tard d’époux et de père de trois enfants. Avec le temps, il est devenu son disciple et une relation intime s’est développée naturellement entre eux sur une période de trente ans.
Deshimaru a demandé à plusieurs reprises à Sawaki l’ordination de moine, qui lui était systématiquement refusée. Il l’encourageait à simplement continuer zazen et à mener une vie active de laïc. La réticence de Sawaki à s’installer dans un temple a également fortement impressionné Deshimaru, qui n’a jamais mené de vie monastique. Un mois avant son décès, Sawaki a appelé Deshimaru à son chevet et a dit, « Tu dois continuer après moi et transmettre l’enseignement de Bodhidharma. Demain, je me lèverai pour t’ordonner moine. » Un an après la mort de Sawaki, Deshimaru a confié sa famille à son fils et a pris le transsibérien en direction de la France.
Il est arrivé à Paris 1967 seul et sans argent, sans connaître le français et avec rien d’autre que son zafu, son kesa et le kesa de son maître et ses carnets de notes. Il avait réussi à obtenir une invitation d’un groupe macrobiotique et vivait dans l’arrière pièce d’un magasin d’alimentation diététique, pratiquant zazen chaque jour et gagnant sa vie en faisant des massages. Petit à petit, les gens ont commencé à s’asseoir avec lui et sa réputation a commencé à se faire.
En 1970, il créa l’Association Zen Européenne, qui est devenue plus tard l’Association Zen Internationale (AZI). Il publia son premier livre, Vrai Zen, et commença à donner des conférences en France et dans d’autres pays européens. Comme le bruit se répandait qu’un vrai maître zen vivait rue Pernety, de plus en plus de personnes sont venues pratiquer avec lui. Il a ouvert son premier dojo dans le 14ème arrondissement de Paris en 1972 et a commencé à donner des ordinations et à diriger des sesshins.

Il a poursuivi sa mission avec une énergie colossale, inébranlable, cherchant constamment à réconcilier tradition et modernité, science et spiritualité, Est et Ouest, en revenant toujours à l’essence de l’enseignement reçu de son maître. Il possédait un charisme exceptionnel, une grande simplicité mêlée d’un sens de l’humour, qui a attiré non seulement les disciples, mais également certains des scientifiques, des artistes, des philosophes et des politiciens les plus reconnus de leur temps.
La sangha proche de Deshimaru était composée principalement de jeunes gens libres-penseurs pas toujours faciles à discipliner, mais qui étaient remplis d’un très grand enthousiasme et animés par l’esprit du débutant. Ensemble, ils ont publié des livres, tenu un restaurant et une boutique, organisé des sesshins et des camps d’été, et ouvert plus d’une centaine de dojos en Europe et en Amérique du Nord. En 1980, il fonda le temple de la Gendronnière dans la vallée de la Loire en France, qui est devenu le centre de sa mission et le lieu de rencontre de ses disciples, qui sont devenus au fil du temps de vrais moines et nonnes et parmi lesquels beaucoup sont devenus des enseignants à part entière.

Deshimaru a eu des relations tendues avec les autorités officielles japonaises Soto (Sotoshu), dont il critiquait le formalisme, et avec les principales écoles zen aux Etats-Unis, pour leur mélange de zen Soto et de zen Rinzai. En dépit du fait que sa contribution à la dissémination du Zen soit reconnue aujourd’hui au Japon, il reste peu populaire aux Etats-Unis, ou au mieux inconnu. Il a dit un jour : « On peut me reprocher beaucoup de choses, mais sur zazen on ne pourra jamais rien dire. Chaque matin, chaque soir, je suis avec vous dans le dojo. »
On lui a diagnostiqué un cancer en début de l’année 1982 et malgré cela, il a continué à pratiquer avec ses disciples tout au long du printemps. Ses derniers mots avant de retourner au Japon pour y être soigné ont été : « S’il vous plaît, continuez zazen ». Il y est décédé le 30 avril 1982.



Question : À votre avis, qui êtes-vous ? Un maître ? Un chef religieux ? Un philosophe ?
Taisen Deshimaru : Ha ! Bonne question. Je me le demande parfois moi-même. Mais ce que vous êtes en train de faire est de limiter par des catégories. Vous ne pouvez pas faire cela.Je suis parfois un philosophe, parfois un religieux, parfois un moine, parfois un éducateur, parfois un buveur de whisky. Un vrai historien peut comprendre : ce sont les disciples qui décident. Si vous avez de grands disciples, alors vous aurez de grands maîtres. Je suis quelqu’un de religieux. Je me concentre complètement sur shikantaza. C’est mon seul objectif jusqu’à ma mort. Lorsque je meurs, alors ici et maintenant, seulement ceci : vrai moine Zen. Compris ?





Roland Yuno Rech 




Né en 1944, Roland RECH est diplômé de l'Institut des Sciences Politiques de Paris et du DESS de Sciences Humaines Cliniques de l'Université de Paris VII. Il découvre la pratique du zen lors d'un voyage au Japon, puis devient le disciple de Maître Deshimaru à Paris pendant 10 ans, jusqu'au décès de celui-ci en 1982.


Suivant les recommandations de son Maître, il avait repris une activité de cadre dans l'industrie qui fut pour lui l'occasion d'expérimenter la pratique du zen dans la vie quotidienne, économique et sociale. A partir de 1982, il se consacre principalement à la pratique et l'enseignement du zen au sein de l'Association Zen Internationale dont il fut le président jusqu'en 1994.

En 1984, Maître Niwa Rempo Zenji, supérieur du temple de Eihei-ji et représentant la plus haute autorité du zen au Japon, authentifia la mission de Maître Deshimaru en remettant la transmission du Dharma (Shiho) à trois de ses plus anciens disciples, dont Roland Yuno Rech.

Il est à présent Vice Président de l'Association Zen Internationale. Il enseigne au Dojo de Nice ainsi qu'au temple de la Gendronnière et dans les sesshin organisées par les dojo de l'AZI.





Michel Jigen Fabra




Ordonné moine par Maître Roland yuno Rech, il a travaillé pendant 26 ans dans les services techniques d'une société de distribution d'eau.

Il créé en 2002 le dojo de Carpentras et le dirige pendant sept ans, en 2009 il se rend au Temple zen de la Gendronnière où il occupe les fonctions de shuso et ino pendant 5 ans

En août 2014 il reçoit la transmission, le shiho de maître Yuno Rech et part pour trois mois au Japon faire ango et la cérémonie du zuise à Sojiji et Eiheiji.



Pascal-Olivier Kyôsei Reynaud


Pascal-Olivier Kyōsei Reynaud est moine et maître zen, disciple de Maître Roland Yuno Rech, il commence la pratique de la méditation bouddhiste zen au dojo de Nice en 1984.
Au Temple zen de La Gendronnière, il reçoit l’ordination de Bodhisattva en 1987 de Maître Etienne Mokusho Zeisler (1946-1990), puis celle de moine avec Maître Stéphane Kosen Thibaut en 1988, en 2004 il renouvelle ses vœux de moine avec Maître Roland Yuno Rech.
De 1989 à 1993 et de 1996 à 2007, il enseigne et est le Président du dojo zen de Nice et de 1993 à 1996 celui du groupe zen de Pélasque dans l’arrière-pays Niçois.
Il participe activement au développement du dojo zen de Nice qui devient le Temple zen GyōbutsuJi avec l’arrivée de Maître Roland Yuno Rech à Nice.
En 2007 il aide à la création et est le Président du dojo zen de Montpellier où il enseigne jusqu’en 2009.
De 2009 à 2014 il est un des Shusso responsable de l’enseignement bouddhiste zen au Temple zen de Nice, GyobutsuJi.
De 2008 à 2010 il est le Secrétaire Général de l’ABZE (Association Bouddhiste Zen d’Europe) puis jusqu’en 2013, il en est le Président ; il est actuellement Vice-Président de l’ABZE.
Pascal-Olivier Kyōsei Reynaud fait la cérémonie d’Hossen en février 2013 à GyobutsuJi à Nice en présence de Maître Seidō Suzuki, Maître Yuno Rech et de nombreux Maîtres de l’AZI (Association Zen Internationale) venus pour cette occasion.
Il reçoit en août 2013 au Temple zen de La Gendronnière, la transmission du Dharma (Shiho) de Maître Roland Yuno Rech.
Depuis 2014, Pascal-Olivier Kyōsei Reynaud réside à Narbonne, Il est responsable de l’enseignement zen au dojo zen de Narbonne.
Il dirige régulièrement en Europe des journées de zazen et des sesshin ainsi que des conférences/présentations sur la pratique de la méditation assise, le zazen et l’enseignement Bouddhiste zen soto.